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Sandrine Scardigli, la face non cachée

Sandrine Scardigli, la face non cachée

Métiers du livre : édition, écriture, librairie, formation

Comment votre flexibilité peut saper votre employabilité

« Soyez flexible dans votre vie professionnelle ! Soyez mobile géographiquement et vous trouverez ! En France, il y a de l’emploi, il suffit de vouloir se bouger ! »
C’est certainement vrai… mais les employeurs sont-ils prêts à gérer la « flexibilité » des candidats ?

 

Que vous soyez ou non demandeur d’emploi, vous avez entendu au moins une fois parler du « devoir de flexibilité » : cela consiste à accepter vaille que vaille des emplois qui ne correspondent pas forcément à votre formation, votre expérience ou, soyons fous !, vos envies (mais en temps de crise, les envies…). Certains politiciens ou de certains conseillers à l’emploi rêveraient de sanctionner les demandeurs d’emploi qui se permettent, ô sacrilège !, de refuser des postes sans lien aucun avec leur CV et qui font les difficiles pour mieux « profiter du système ».

Comme certains de mes amis, je fais partie des gentils élèves qui ont choisi de suivre une reconversion professionnelle, de s’asseoir sur leurs aspirations en termes de rémunération, et de s’adapter à la réalité du marché. Cela se révèle une mauvaise idée à plusieurs niveaux…

Florilège :

« Vous n’êtes plus cadre ? » (choqué)

Vous avez fait une concession sur votre salaire et/ou votre statut pour travailler coûte que coûte ? Mal vous en a pris. Outre le fait que vous perdez en niveau de vie (en niveau de cotisation aussi), vous donnez une image négative de vous puisque vous vous « autodépréciez ». Vous ne pouvez plus être suivi par l’APEC, et vous n’êtes plus considéré comme cadre même si vous l’avez été pendant quinze ans. Vous êtes hors-concours pour les postes à responsabilité parce que ça fait « trop longtemps que vous en êtes parti ».

 

« Vous avez été entrepreneur ? Vous n’avez pas peur de vous ennuyer en travaillant de nouveau pour quelqu’un d’autre ? » (voix qui tremble)

Ben oui, c’est vrai quoi ! Vous avez été indépendant et vous avez l’idée saugrenue de revenir dans le salariat ? Mais enfin, vous étiez bien, comme patron de vous-même, quelle mouche vous a piqué ? Le salarié face à vous, pour peu qu’il rêve de liberté, aura souvent du mal à imaginer que vous puissiez avoir besoin de revenir dans l’« esclavage » du salaire net mensuel régulier. Ou n’osera pas imaginer une seconde que si vous avez créé votre emploi, c’est qu’il n’y en avait pas là où vous viviez.

 

« Votre parcours est hétéroclite… on n’y comprend rien ! Que voulez-vous faire vraiment ? » (intrigué)

Tout d’abord, retenez-vous de gifler votre interlocuteur en lui hurlant à la face « ce que je veux faire, c’est travailler ! ». Ce qu’il voit, lui, c’est que votre CV a perdu en « continuité ». En gros, vous sortez des cases toutes prêtes et le recruteur ne sait plus où vous vous situez. À la question « mais que savez-vous faire exactement ? », vous devez pouvoir lui faciliter la tâche et lui donner une liste de compétences faciles à « recaser ».

Peut-être auriez-vous mieux fait de prendre des vacances, au lieu de bosser. Ça aurait été plus clair, comme parcours…

 

« En cherchant votre nom sur Internet, on trouve beaucoup de choses… ça fait un peu peur, toutes ces activités » (air contrit)

Si vous pensiez gérer votre « e-reputation » comme un chef, tout en multipliant les activités de réseau et en publiant vos divers travaux sur Internet afin de vous faire connaître, vous pouvez vivre un drôle d’effet boomerang.

Là aussi, au lieu de vous décarcasser dans des petits jobs, du bénévolat ou autre, vous auriez mieux fait de vous enfiler les intégrales des dernières séries à la mode.

 

Le meilleur pour la fin… :

« à votre âge, vous pourriez être femme au foyer ».

No comment.

 

Conclusion

Si vous faites partie de ces demandeurs d’emploi qui ont cru en la flexibilité, ne vous résignez pas ! L’espoir réside dans vos capacités relationnelles. Après tout, si une personne ne peut pas apprécier vos efforts d’adaptation et la richesse de votre expérience, vous n'êtes sans doute pas faits pour travailler ensemble…

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Entrepreneur Namur 24/01/2014 10:42

Voici un article bien rédigé! Merci pour avoir partagé vos idées avec nous avec un style si souple et clair! :)

Sandrine Scardigli 28/01/2014 18:23

Merci de votre passage ici ! :)

Roanne 07/01/2014 21:00

J'ai l'impression qu'en matière de recherche d'emploi, c'est de pire en pire. Il faut vraiment être d'une zenitude pour conserver son sang froid et répondre avec bon sens... Je me souviens de ce que j'avais "mangé" en tant que jeune diplômée, ce n'était pas piqué des vers non plus. Et bien entendu, ce sont les entretiens qui se sont bien passés, avec des personnes respectueuses et ouvertes, qui ont toujours abouti sur du concret... même quand je croyais ne pas forcément avoir assuré.
Donc ta conclusion est juste : parfois, si ça ne colle pas, c'est qu'on est viscéralement pas fait pour bosser avec cette personne, donc il ne faut pas s'en rendre malade (sauf quand c'est un pion dans un groupe, pas avec elle qu'on bosse au final, et qu'à cause de ses œillères on perd toute chance d'accéder à un post sur lequel on aurait donné parfaite satisfaction, ça je l'ai vécu et ça m'avait quand même fait mal).

Sandrine Scardigli 07/01/2014 21:16

C'est la conclusion que je vais garder, ça aide à tenir ^^. Merci de ton passage !