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Sandrine Scardigli, la face non cachée

Sandrine Scardigli, la face non cachée

Métiers du livre : édition, écriture, librairie, formation

Innover dans l'édition : s'appuyer sur les booktubeurs

Depuis le début 2015, plusieurs articles mentionnent ce qui serait un nouveau prescripteur, indépendant et bénévole : le booktubeur.

Qui sont-ils ?

Le terme désigne des internautes utilisant la chaîne Booktube pour poster des vidéos dans lesquelles ils parlent de littérature.

Certains professionnels comme la librairie Mollat à Bordeaux ou les éditions Albin Michel s’essaient déjà à la vidéo via Internet pour présenter livres et auteurs, mais les booktubeurs ont la particularité de parler en tant que particuliers, et non comme professionnels de la vente ce qui donne au spectateur l’illusion d’une parole indépendante.

Les booktubeurs constituent une communauté : ils échangent des livres, se lancent des défis et réalisent parfois des vidéos ensemble.

Que font-ils ?

Le ton général est celui, décontracté et familier, des vidéos de « youtubeurs » (vidéastes amateurs donnant leur avis sur tous les sujets, notamment les jeux vidéo). Les avis échangés relèvent davantage de l’échange d’impressions que de la critique argumentée, comme le relève l’article du site Futurdulivre.be[1].

Sont présentées également des listes, qu’il s’agisse de livres « dont on rêve » (la wish list), de livres à lire (la PAL, pile à lire), de livres récemment acquis (le haul, « butin »)…

Quels liens avec les éditeurs ?

Les booktubeurs francophones les plus suivis ont bien moins d’abonnés que leurs homologues anglophones, et l’impact réel sur les ventes d’un titre difficile à définir. De plus, précise-t-on chez Flammarion, « cela fonctionne mieux sur des thématiques ou des domaines très ciblés que sur la littérature de manière générale »[2].

Malgré tout, les éditeurs n’hésitent pas à leur envoyer des exemplaires en service presse de leurs nouveautés ou à imaginer d’autres partenariats, notamment les éditions Milady, spécialisées dans l’imaginaire et la romance, qui ont même créé un club dédié aux blogueuses et booktubeuses, le « Ladies club ».

Mes préférés ?

Ceux qui font des vidéos scénarisées avec un montage soigné, un vocabulaire étendu et une bonne dose d’humour :

MissBook https://www.youtube.com/channel/UC_9Z28lA28JxAgFv-m4_nlw

La brigade du livre https://www.youtube.com/channel/UCO-YDXoZJNVJFmF1UJ17rEw

Conclusion ?

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il semblerait que les éditeurs francophones et la presse n’aient réellement pris conscience que récemment du potentiel de promotion de BookTube, plus exactement depuis le dossier consacré par Livres Hebdo au mois de mai 2015, ce qui empêche toute statistique fiable sur leur impact économique réel et sur la pérennité de leur activité.

 


[1] « BookTube : les lecteurs font des vidéos », article du site Futursdulivre.be, 16 décembre 2014. Auteur non précisé.

http://www.futursdulivre.be/article/147/BookTube+les+lecteurs+font+des+videos#.VfdCf5eLVvB

[2] AUPROUX Agathe & GEORGES Pierre. « Booktubeurs, les nouveaux amis du livre », Livres Hebdo n°1044. 29 mai 2015. 114 pages. Citation de Charlotte Ajame, attachée de presse chez Flammarion.

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