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Sandrine Scardigli, la face non cachée

Sandrine Scardigli, la face non cachée

Métiers du livre : édition, écriture, librairie, formation

Correcteurs, un métier à part dans un lieu à part

Rencontres Mobilis : Correcteur, un métier à part

J’ai beau avoir abandonné le statut d’autoentrepreneur, je reste attachée à l’activité de correction, notamment en suivant via les réseaux sociaux les actions du collectif Correcteurs Précaires. La presse professionnelle type Livres Hebdo parlant rarement du métier, j’ai donc été ravie de voir que Mobilis organisait le 3 mars une journée professionnelle dédiée à la correction.

Correcteurs, un métier à part dans un lieu à part

L’après-midi acommencé par une intervention de Jean-Pierre Colignon, qui a été longtemps correcteur au Monde. Durant plus d’une heure, il nous abreuve de l’histoire de la profession, depuis le binôme teneur de copie-correcteur de la fin du xixe aux autoentrepreneurs actuels, en passant par Simenon qui n’a accepté les corrections sur ses textes qu’à la fin de sa carrière. Il a également parlé des outils du correcteur : dictionnaires, manuels, guides des difficultés de la langue française, et même le site de l’université de Caen pour les synonymes.

Ont suivi deux tables rondes au cours desquelles ont parlé de leur métier des correcteurs représentant tous les statuts : salariat, portage salarial, autoentreprenariat, agence (en l’occurrence Antartik). Les interventions du public ont permis d’évoquer les problèmes liés à chacun d’eux : les salariés TAD (travailleurs à domicile) qui ressentent solitude et sentiment d’être traités comme des pestiférés par leurs employeurs ; autoentrepreneurs qui doivent gérer leurs clients voire éviter le salariat déguisé…

La journée s’est achevée par une rencontre avec Martine Rousseau, qui administrait l’excellent blog Langue sauce piquante des correcteurs du Monde… mais à l’heure de mon train, je n’ai donc pas pu suivre cet échange.

Lors des interventions du public, nous avons constaté que nous étions nombreux à avoir suivi les cours de M. Colignon via le CEC (centre d’écriture et communication) – au point que quelqu’un a évoqué une « génération Colignon ». Et oh surprise, lorsque les trois personnes assises autour de moi sont intervenues, cela a été pour parler du collectif Correcteurs précaires dont elles font partie, et dont je suis les actions sur les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines déjà. En dehors du syndicat qui a été qualifié de "moribond" lors des discussions, ce collectif propose peut-être une alternative à ce sentiment de solitude plusieurs fois évoqué, ainsi qu’à la nécessité de montrer la force de frappe d’une profession que même les éditeurs, Livres Paris et Livres Hebdo oublient parfois…

Cette initiative de Mobilis s’est révélée excellente : les 120 participants représentaient toute la chaîne du livre et pas seulement la correction ; les discussions ont permis d’aborder tous les aspects du métier ; le tout dans le très beau Lieu unique de Nantes, pendant le festival Atlantide dédié à la littérature du monde. Enfin, j’ai découvert l’existence de plusieurs organisations professionnelles liées à la correction : outre le collectif, l’association des correcteurs des Pays de la Loire.

Mobilis a mis son compte rendu en ligne, avec les podcasts des interventions : https://www.mobilis-paysdelaloire.fr/ressources/infos-pros/retour-sur-journee-pro-dediee-a-lecture-correction-3-mars-2017

En savoir plus

Mobilis est l’agence assurant la coordination et l’information autour des métiers du livre dans la région Pays de la Loire. Site de l’agence : https://www.mobilis-paysdelaloire.fr/

Programme de la journée avec détail des intervenants : https://www.mobilis-paysdelaloire.fr/agenda/correcteur-lecteur-a-part-journee-pro-festival-atlantide

Suivre les actions du collectif Correcteurs précaires : https://www.actualitte.com/article/monde-edition/edition-precaires-les-correcteurs-visent-le-ministere-du-travail/67927

Site du CEC : http://www.centreec.com/

Site de l’université de Caen pour les synonymes : http://www.crisco.unicaen.fr/des/

Agence Antartik : http://www.antartik.fr/

Blog Langue sauce piquante : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/

Association des correcteurs des Pays de la Loire.

 

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Sandrine Scardigli 19/03/2017 15:40

Un autre compte rendu de la journée sur Langue sauce piquante, le blog des correcteurs du Monde : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2017/03/14/lu-et-corrige/

Sandrine Scardigli 14/03/2017 22:02

Merci à tous deux de votre passage ici et des éléments que vous apportez.
Pour précision, le terme de « moribond » a été employé lors des discussions animées de cette demi-journée, et c’est pourquoi je l’ai fait figurer dans ce petit compte rendu. Il s’agissait davantage de déplorer la perte de force de la profession que de critiquer le syndicat actuel, dont l’action (comme détaillée par Guillaume) a été plusieurs fois saluée par les (trop rares) correcteurs salariés qui ont pris la parole. Je vais donc de ce pas modérer mon texte.
En réponse à Anne, je me permets de préciser que la non-implication dans le syndicat actuel n’est pas forcément liée à de l’individualisme : ainsi, plusieurs correcteurs ont souligné le fait que les conditions d’adhésion au syndicat excluent les correcteurs ne bénéficiant pas du statut de salarié.
Enfin, vous avez raison de souligner l’importance de l’engagement personnel. Chacun trouve des moyens de le faire, que ce soit en militant dans un syndicat lorsque cela lui est possible, en créant un collectif ou même en relayant l’actualité de la profession via les réseaux sociaux.
En tout cas, je suis ravie que cet article vous ait amenés tous deux à vous promener sur ce blog. Peut-être y étiez-vous passés également lorsque je m’insurgeais contre le traitement du métier de correcteur par les organisateurs du salon du livre de Paris ?
http://sandrine-scardigli.over-blog.fr/article-le-salon-du-livre-de-paris-emmerde-les-correcteurs-100063554.html

Anne Hébrard 14/03/2017 11:48

Merci Guillaume pour ce rappel
En effet le syndicat des correcteurs est le seul syndicat qui représente notre métier, qui participe aux négociations paritaires et salariales avec les syndicats patronaux.
S'il a beaucoup perdu en puissance, c'est principalement du fait des changements de comportements des travailleurs, de plus en plus individualistes, du statut d'auto-entrepreneur imposé aux correcteurs à domicile... Nous n'allons pas nous livrer ici à une étude sociologique... Mais c'est aux correcteurs à se prendre en main, ce qu'ils ont commencé à faire au travers de Correcteurs précaires, de la CGT et de la CFDT, toujours gràce à quelques militants obstinés... et à l'appui du syndicat des correcteurs...
N'en déplaise aux promeneuses...
http://www.correcteurs.com/

Guillaume Goutte 14/03/2017 10:19

"Syndicat moribond"… Le constat est lapidaire et, sans doute, excessif. S'il s'est déjà mieux porté, assurément, le Syndicat des correcteurs CGT n'en reste pas moins, malgré ses petits moyens, engagé sur le terrain de la lutte pour la défense du métier et de ceux qui le sollicitent. Il suffit de voir le nombre d'actions intentées dernièrement aux prud'hommes avec le syndicat – qui assure quasi systématiquement un soutien financier (prise en charge ou avance des frais d'avocat) et militant (organisation de rassemblements devant le tribunal pour "médiatiser" la situation des correcteurs) – pour s'en rendre compte : Gallimard, Berger-Levrault, Wolters Kluwer, pour ne citer que les affaires les plus récentes. On pourra aussi se reporter aux actions organisées devant les salons du livre à Paris, la participation aux commissions mixtes paritaires pour la refonte de l'annexe IV de la convention collective de l'édition, etc. Sans parler de son investissement dans les autres secteurs professionnels de la correction : la presse et la communication. On a connu des syndicats moins combatifs, plus moribonds…