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Sandrine Scardigli, la face non cachée

Sandrine Scardigli, la face non cachée

Métiers du livre : édition, écriture, librairie, formation

Instantané d'Athènes, 6 : deux Françaises

Jeudi en fin d'après-midi : H., 42 ans, cadre dans une multinationale
20131010_H.JPGH. est une des premières personnes que j'ai eu la chance de rencontrer ici, il y a quinze ans. Française, elle a décidé de vivre en Grèce en 1990.
Nous avons beaucoup à nous raconter, et je n'ai pas envie de me plier à l'exercice de l'interview. Nous passons la soirée « entre filles », à discuter tranquillement autour d'un peu de vin blanc et de la délicieuse tarte salée qu'elle a cuisinée.
Ce soir, elle n'est pas très en forme : trois de ses collègues ont été licenciés sans préavis dans la journée. Elle me raconte la baisse de salaire :
« Ceux qui ont refusé de signer « le papier » ont tous été licenciés » ;
l'insécurité :
« Le matin, on part travailler et on ne sait pas si le soir on sera au chômage... »
Dans une telle situation, il va sans dire que l'ambiance avec les collègues s'est détériorée, chacun se demandant ce que peut bien faire l'autre pour justifier qu'il n'ait pas été encore licencié. Et pour se rassurer de n'être pas le suivant ?
Elle est également fort inquiète pour une de ses amies, qui avait décidé d'acheter un appartement à crédit il y a quelques années, et qui a entamé une procédure judiciaire afin de revoir à la baisse la valeur commerciale de son bien afin de baisser le montant du crédit.
Pas d'interview, donc, mais des confidences et des coups de colère.

201314_L_Sarantatrio.JPGDimanche après-midi : L., 4X ans ?, en recherche d'emploi
Nous nous rencontrons par hasard dans une petite taverne. Elle est mariée au frère d'un des propriétaires du lieu. Arrivée à Athènes avec son mari il y a dix ans, ils possédaient une pâtisserie qui a fermé en 2010. Depuis, lui travaille dans un hôtel à Kos, en cuisine ; et elle n'a pas encore trouvé de travail.
« Nous réfléchissons à partir en France... il y a du travail en région parisienne. Mais ce sont les enfants qui ne veulent pas bouger. »
Nous parlons du marché de l'emploi en France, des difficultés à y ouvrir un commerce, de ce que signifie un « retour ».
Il me semble qu'ils se trouvent à un moment décisif de leur vie, un de ceux au cours desquels on doit faire un choix déterminant pour soi comme ses enfants. Rester vivre la crise dans un pays que l'on connaît et dont on maîtrise les codes, ou partir à l'étranger ?
Une fois encore, pas vraiment une interview, mais un cliché sur un moment compliqué.

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