Métiers du livre : édition, librairie, écriture
7 Janvier 2014
« Soyez flexible dans votre vie professionnelle ! Soyez mobile géographiquement et vous trouverez ! En France, il y a de l’emploi, il suffit de vouloir se bouger ! »
C’est certainement vrai… mais les employeurs sont-ils prêts à gérer la « flexibilité » des candidats ?
Que vous soyez ou non demandeur d’emploi, vous avez entendu au moins une fois parler du « devoir de flexibilité » : cela consiste à accepter vaille que vaille des emplois qui ne correspondent pas forcément à votre formation, votre expérience ou, soyons fous !, vos envies (mais en temps de crise, les envies…). Certains politiciens ou de certains conseillers à l’emploi rêveraient de sanctionner les demandeurs d’emploi qui se permettent, ô sacrilège !, de refuser des postes sans lien aucun avec leur CV et qui font les difficiles pour mieux « profiter du système ».
Comme certains de mes amis, je fais partie des gentils élèves qui ont choisi de suivre une reconversion professionnelle, de s’asseoir sur leurs aspirations en termes de rémunération, et de s’adapter à la réalité du marché. Cela se révèle une mauvaise idée à plusieurs niveaux…
Florilège :
Vous avez fait une concession sur votre salaire et/ou votre statut pour travailler coûte que coûte ? Mal vous en a pris. Outre le fait que vous perdez en niveau de vie (en niveau de cotisation aussi), vous donnez une image négative de vous puisque vous vous « autodépréciez ». Vous ne pouvez plus être suivi par l’APEC, et vous n’êtes plus considéré comme cadre même si vous l’avez été pendant quinze ans. Vous êtes hors-concours pour les postes à responsabilité parce que ça fait « trop longtemps que vous en êtes parti ».
Ben oui, c’est vrai quoi ! Vous avez été indépendant et vous avez l’idée saugrenue de revenir dans le salariat ? Mais enfin, vous étiez bien, comme patron de vous-même, quelle mouche vous a piqué ? Le salarié face à vous, pour peu qu’il rêve de liberté, aura souvent du mal à imaginer que vous puissiez avoir besoin de revenir dans l’« esclavage » du salaire net mensuel régulier. Ou n’osera pas imaginer une seconde que si vous avez créé votre emploi, c’est qu’il n’y en avait pas là où vous viviez.
Tout d’abord, retenez-vous de gifler votre interlocuteur en lui hurlant à la face « ce que je veux faire, c’est travailler ! ». Ce qu’il voit, lui, c’est que votre CV a perdu en « continuité ». En gros, vous sortez des cases toutes prêtes et le recruteur ne sait plus où vous vous situez. À la question « mais que savez-vous faire exactement ? », vous devez pouvoir lui faciliter la tâche et lui donner une liste de compétences faciles à « recaser ».
Peut-être auriez-vous mieux fait de prendre des vacances, au lieu de bosser. Ça aurait été plus clair, comme parcours…
Si vous pensiez gérer votre « e-reputation » comme un chef, tout en multipliant les activités de réseau et en publiant vos divers travaux sur Internet afin de vous faire connaître, vous pouvez vivre un drôle d’effet boomerang.
Là aussi, au lieu de vous décarcasser dans des petits jobs, du bénévolat ou autre, vous auriez mieux fait de vous enfiler les intégrales des dernières séries à la mode.
Le meilleur pour la fin… :
No comment.
Si vous faites partie de ces demandeurs d’emploi qui ont cru en la flexibilité, ne vous résignez pas ! L’espoir réside dans vos capacités relationnelles. Après tout, si une personne ne peut pas apprécier vos efforts d’adaptation et la richesse de votre expérience, vous n'êtes sans doute pas faits pour travailler ensemble…